La tête dans les images

Suite de ma chronique dans "Gaël dans son monde", mais dans le but de l'étoffer...

19 décembre 2007

The Big Lebowski (id)

big_lebowskiFilm de Joel Coen (1998) avec Jeff Bridges, John Goodman, Julianne Moore, Steve Buscemi, David Huddleston ...
Sélection officielle au Festival de Berlin

Films de Joel Coen déjà vus : Sang pour sang (1984), Miller's Crossing (1990), Barton Fink (1991), Le Grand Saut (1994), Fargo (1996), The Big Lebowski (1998), O'Brother (2000), The Barber, l'Homme qui n'était plus là (2001), Ladykillers (2004, avec Ethan Coen)

Résumé :
Jeff "the Dude" Lebowski (Jeff Bridges) est un glandeur, dont le seul intérêt dans la vie est le bowling. Un jour, des voyous viennent le menacer et pissent sur son tapis, le prenant pour un autre Jeffrey Lebowski. Le "Dude" décide de se faire dédommager auprès de son homonyme.

Mon avis :
The Big Lebowski est un film culte, au sens littéral du terme. Il existe aujourd'hui le Lebowski Fest, festival consacré aux personnages de ce polar déjanté. Sur une trame qui s'inspire des intrigues de Raymond Chandler, dans sa façon de promener l'anti-héros dans des situations qui l'amènent à rencontrer des personnages aussi coupables les uns que les autres sans linéarité logique, le filmThe présente le "Dude", stéréotype du slacker camé qui ne croit ni dans les valeurs capitalistes, ni dans le socialisme, et ses comparses de bowling : Walter Sobchak, vétéran du Vietnam traumatisé qui considère ses relations comme des combats à mener, et Donny, faire-valoir dont la transparence n'a d'égal que le bagout de Walter. C'est en voulant se faire rembourser son tapis (par principe) auprès d'un millionnaire (the Big Lebowski) que le Dude va se retrouver dans une sombre affaire d'enlèvement, de nihilistes ex-stars du porno et d'art féministe vaginal. Car les frères Coen ne peuvent s'empêcher de mêler leurs influences littéraires à un festival psychédélique et onirique d'une beauté renversante. Les délires du héros, lorsqu'il perd connaissance, sont magnifiques, hommage direct aux chorégraphies millimétrées de Busby Berkeley et de ses comédies musicales des années 40. C'est donc coincé entre deux Amériques, celles de l'après-guerre et celle d'aujourd'hui, que notre personnage essaie de se trouver des valeurs, ce choc entre deux époques dénonçant the_big_lebowski_1997_referencel'absurdité de la socété dans laquelle on vit. Car l'absurdité est bien le maître-mot de ce film unique. Absurdité du départ de l'intrigue : tout part du fait qu'on ait pissé sur le tapis du Dude ; absurdité des relations qui entourent Jeffrey Lebowski, entre sa fille, sa femme et son assistant, qui lorgnent tous du côté de son compte en banque malheureusement à sec ; absurdité de la vie du Dude et de ses acolytes, n'ayant que le bowling comme moteur de survie, érigé en religion avec ses codes et son dogmatisme (et même son Jésus!).
The Big Lebowski est un film brillant, peut-être le plus représentatif de ce dont sont capables les frères Coen. Un film dont la force vous scotche tellement que seuls un White Russian et une robe de chambre apparaissent comme les seuls éléments qui vaillent la peine en ce bas monde.

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16 décembre 2007

L'Ex-femme de ma vie

ex_vieFilm de Josiane Balasko (2004) avec Thierry Lhermitte, Karin Viard, Josiane Balasko, Nadia Farès, Nicolas Silberg ...
D'après la pièce L'Ex-femme de ma vie de Josiane Balasko

Films de Josiane Balasko déjà vus : Sac de noeuds (1985), Les Keufs (1987), Ma vie est un enfer (1991), Gazon maudit (1995), Un grand cri d'amour (1998)

Résumé :
Tom (Thierry Lhermitte) est romancier à succès. Alors qu'il est sur le point de se remarier avec Ariane (Nadia Farès), son ex-femme, Nina (Karin Viard), sans le sou et enceinte jusqu'aux genoux, redébarque dans sa vie pour lui demander de l'aide.

Mon avis :
Après Un grand cri d'amour, Balasko nous repropose une adaptation d'une de ses pièces, qu'elle a elle-même mise en scène et interprétée au théâtre. Mais cette fois-ci, l'actrice attend seize ans avant de passer des planches au grand écran. Et c'est malheureusement le gros problème du film. On a vraiment l'impression, du début à la fin, de voir un film de Josiane Balasko des années 80. Tout sent le vieillot et le suranné dans cette comédie, qui nous donne l'impression d'avoir repris des scènes de Nuit d'ivresse ou d'autres films de la comédienne. Dans son combat pour la réhabilitation des minorités dans notre société, et après les amours interraciaux dans Les Keufs et2 les lesbiennes dans Gazon maudit, Balasko s'offre pour nouveau cheval de bataille les transsexuels. L'actrice, en effet, n'hésitant jamais à mettre la main à la pâte et à endosser elle-même le rôle de la victime, interprète ici une psychiatre à l'allure bien cavalière, aussi sexy que le serait Jean Benguigui dans la garde-robe de Nicole Kidman. Mais allez comprendre pourquoi, à la fin du film, le personnage de Marie-Pierre décide de revenir à son sexe d'origine. Tout comme Tom, qui avait enfin réussi à se débarrasser de son boulet de femme hystérique et geignarde, se rend compte qu'il l'aime toujours et qu'il faut redonner une chance à leur couple. Bref un film tiré d'une pièce de théâtre de 1988 nous racontant que c'était mieux avant, autant dire qu'il a toutes les chances d'être has been dès sa sortie. C'est chose faite.

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12 décembre 2007

Dracula, prince des ténèbres (Dracula : Prince of Darkness)

dracula_tenebresFilm de Terence Fisher (1966) avec Christopher Lee, Barbara Shelley, Andrew Keir, Francis Matthews, Suzan Farmer ...
D'après le roman Dracula de Bram Stoker

Films de Terence Fisher déjà vus : La Revanche de Frankenstein (1958), Le Chien des Baskerville (1959), Les Deux Visages du Dr. Jekyll (1960), Le Fantôme de l'opéra (1962)

Résumé :
Charles (Francis Matthews) et Alan (Charles Tingwell) Kent, accompagnés de leurs deux épouses Diana (Suzan Farmer) et Helen (Barbara Shelley) sont en voyage en Trassylvanie. Malgré les mises en garde, ils se retrouvent obligés de séjourner dans un château maudit, propriété du Comte Dracula (Christopher Lee).

Mon avis :
Dans toute l'histoire du cinéma, Dracula est le personnage littéraire qui apparaît le plus grand nombre de fois sur le grand écran. Pour le meilleur et pour le pire. Si l'adaptation fidèle de Fisher, avec déjà Christopher Lee dans le rôle-titre, remit le vampire sur les devant de la scène, cette suite fut loin d'être indispensable. Au niveau du scénario, elle n'apporte absolument rien au mythe du suceur de sang. La seule différence réside dans le fait que les personnagesdpod principaux se retrouvent tous en Transsylvanie alors que dans l'histoire originale, c'est le comte lui-même qui se déplaçait à Londres. En ce qui concerne les personnages, on prend les mêmes et on recommence, mais on change quand même les noms histoire de faire croire que c'est une nouvelle histoire. Ainsi le Père Sandor, qui connaît toute l'histoire de Dracula, remplace Abraham Van Helsing ; Diana et Helen Kent reprennent le rôle de Lucy et de Mina ; on retrouve un gobeur de mouches qui ne s'appelle pas Renfield, et pourtant... Vous l'aurez compris, Fisher refait le même film, à quelques détails près. Si, au début du film, Dracula est supposé être mort et bien mort (on nous remontre même les images de son duel final face au Professeur Van Helsing), il arrive pourtant à se réincarner grâce à la complicité de son servant, qui lui apporte une victime qui lui donnera le sang nécessaire pour renaître de ses cendres restes. Une façon, si en complète incohérence avec le mythe créé par Stoker, bien pratique d'annoncer une série infinie de suites. Les films de la Hammer dégagent en général énormément de charme, par le peu de moyens qu'ils avaient pour recréer les oeuvres qu'ils adaptatient, mais ici on a quand même du mal à trouver un quelconque intérêt à cette juxtaposition de scènes clichés. Le Comte Dracula perd de sa superbe : Fisher en a fait une Dracula__Prince_of_Darkness__Bray_backlotcréature muette aux yeux injectés qui enlève l'aura de séduction supposée planer autour du vampire. Ici Christopher Lee apparaît bien plus comme un zombie que le seigneur des Carpathes. D'ailleurs Christopher Lee compte à son palmarès nombre de films ridicules comme celui-ci, et s'il n'avait pas eu le talent qu'on lui connaît dans ses meilleurs rôles, on aurait beaucoup de mal à comprendre comment il est devenu un acteur culte et le héros des deux trilogies les plus importantes de ces dernières années : Star Wars et Le Seigneur des anneaux.

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06 décembre 2007

Je vais bien, ne t'en fais pas

film_jevaisbienFilm de Philippe Lioret (2006) avec Mélanie Laurent, Kad Merad, Isabelle Renauld, Julien Boisselier, Aïssa Maïga ...
D'après le roman Je vais bien, ne t'en fais pas d'Olivier Adam
César du Meilleur Second Rôle masculin (Kad Merad) et du Meilleur Espoir féminin (Mélanie Laurent)

Films de Philippe Lioret déjà vus : Tenue correcte exigée (1997), Mademoiselle (2001), L'Equipier (2004), Je vais bien, ne t'en fais pas (2006)

Résumé :
En rentrant de vacances, Lili (Mélanie Laurent) apprend que son frère jumeau Loïc a disparu depuis quelques jours, suite à une engueulade avec son père (Kad Merad). Son absence pèse de plus en plus lourd au fur et à mesure que le temps passe, plongeant Lili dans la dépression.

Mon avis :
Il faut bien avouer ce qui est (voui ma bonne dame!), le cinéma français, depuis une dizaine d'année, c'est pas très folichon. On a souvent le choix entre une superproduction américanisée de Luke Bessone, une comédie pas drôle de Christian Clavier ou un drame intello-chiant sur les frustrations bourgeoises. Cela n'empêche pourtant pas de voir appraître parfois une petite perle dans la production nationale. C'est le cas avec Je vais bien, ne t'en fais pas. Pourtant, Philippe Lioret n'était pas un habitué des coups d'éclat. Du bof bof (Tenue correcte exigée, L'Equipier) au pas si mal que ça (Mademoiselle), le réalisateur se révélait être moyen, sans réel univers à défendre. Il est même difficile encore de comprendre à quoi estJe_vais_bien_ne_t_en_fais_pas_2005_7 due une réussite quasi parfaite. Tout tient dans la sobriété. Si la réalisation de Lioret peut paraître banale, voire chiante, elle apparaît comme le support idéal d'un sujet fort (adaptation d'un roman d'Olivier Adam, que je n'ai pas lu) et d'un scénario maîtrisé. Les dialogues sont particulièrement pertinents dans les non-dits et les phrases bateaux qu'on s'envoie au quotidien, pour pallier un manque de conversation et le courage de se dire les choses ouvertement. A contrario des drames américains, vous ne trouverez ici aucune scène d'explication finale qui finit dans les larmes et dans les bras l'un de l'autre. La fin est à ce titre exemplaire, gardant la cohérence d'une famille dont les rapport sont basés sur les dissimulations et le paraître. Cet aspect est notamment représentatifs de ces quartiers résidentiels des classes moyennes. Dans des maisons préfabriquées et construites par centaines, ces quartiers sont le rêve sans gloire de millions de gens qui n'ont d'autres ambitions que de s'installer dans un train-train rassurant. Derrière ce bonheur apparent (pavillon de banlieue, jardin, voiture...), un vide dans les relations humaines, dans les aspirations. L'absence de Loïc, le frère jumeau de Lili, c'est la révélation de ce vide sur lequel est bâtie la vie de la jeune femme. C'est le déclencheur qui lui fait prendre conscience des dysfonctionnements de sa propre famille, le manque de communication, l'hypocrisie. Après une période d'angoisse, pendant laquelle Lili se laissera mourir car aucune issue n'est apparemment possible, elle va tenter de combler ce vide en recherchant son jumeau, son autre moitié, celle qui l'aidera à se construire. Finalement, elle trouvera un autre double en la personne de Thomas, jeune homme meurtri par la même expérience banlieusarde. En cela l'aspect initiatique du film est vraiment pertinent.
FG5032La sobriété du film tient également au jeu des acteurs, tous exemplaires. La jeune Mélanie Laurent, justement récompensée pour son rôle, joue toujours sur le fil entre la légèreté des filles de son âge et la gravité d'une personne face à l'absence (la mort). La plus grande surprise réside dans la présence de Kad Merad dans le rôle du père, comique désopilant qui joue ici son va-tout de crédibilité au sein du cinéma. Il s'en tire haut-la-main dans l'interprétation de l'homme frustré qui s'est battu pour donner à sa famille tout ce dont elle pouvait manquer et qui lui reproche cette sécurité. Isabelle Renauld, Julien Boisselier et Aïssa Maïga ajoutent par leur présence une crédibilité unique à un film qui pouvait tourner dans le glauque ou le ridicule. Revoir le film tout en connaissant la fin permet de mieux apprécier la subtilité des non-dits, des regards, la tension palpable dans l'atmosphère, notamment lors des repas de famille.
Je vais bien, ne t'en fais pas, c'est également une chanson : U-Turn (Lili) chantée par Aaron, dont j'ai déjà parler ici, personnage à part entière dans le film. Cette chanson symbolise à la fois l'absence de Loïc, mais aussi le cheminement de Lili dans sa quête d'elle-même. Vous l'aurez compris, Je vais bien, ne t'en fais pas est à voir, absolument.


je vais bien ne t'en fais pas
envoyé par Hisaux

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20 novembre 2007

Le Deuxième Souffle

deuxieme_souffleFilm d'Alain Corneau (2007) avec Daniel Auteuil, Monica Bellucci, Michel Blanc, Jacques Dutronc, Eric Cantona ...
D'après le roman Le Deuxième Souffle de José Giovanni

Films d'Alain Corneau déjà vus : Police Python 357 (1976), Série noire (1979), Le Choix des armes (1981), Tous les matins du monde (1991), Le Cousin (1997)

Résumé :
En 1958, Gu (Daniel Auteuil), célèbre gangster, s'évade de prison et veut s'enfuir avec Manouche (Monica Bellucci) à l'étranger. Ayant besoin d'argent, il accepte un dernier coup.

Mon avis :
Jean-Pierre Melville est aujourd'hui reconnu comme un maître incontestable du polar. Il a même dépassé les frontières françaises pour devenir une référence internationale auprès de réalisateurs comme Martin Scorsese ou Quentin Tarantino. Aussi quand Alain Corneau, qui s'est lui-même illustré avec brio dans le film noir, annonce qu'il veut refaire une version du roman de José Giovanni après le maître, on a des raisons d'avoir peur. Car y a-t-il vraiment un intérêt à faire des remakes de chefs d'oeuvre, je vous le demande? Corneau récuse toute idée de remake en évoquant l'excuse d'une autre vision du roman d'origine. Pourtant, je suis tombé par hasard sur quelques scènes du film de Melville qui passait sur Canal+ il y a peu de temps, et on n'est pas loin de la copie plan par plan, même si Corneau ne pousse pas le vice aussi loin que Gus Van Sant qui s'attaque à Hitchcock. Si ce n'était ces a priori, le film a de quoi intéresser. Adaptation d'un roman encensé (en même20071024 temps, je ne me souviens pas d'un réalisateur qui a déjà avoué avoir fait l'adaptation d'une daube littéraire!), un casting impressionnant, des moyens techniques comme rarement on en voit dans le cinéma français... on pouvait présager un avenir clément pour ce film. Malheureusement il peine à atteindre 500 000 entrées en France, ce qui est une énorme déception, pour ne pas dire un bide.
Dans une ambiance fin 50's très esthétisante, aux tons orange, verts et rouges, Le Deuxième Souffle évoque la tentative d'un escroc de grande envergure de se faire une deuxième vie, après un passage en prison. Comme souvent dans les films de gangsters, il est question ici de valeurs, de respect du milieu. Gu doit faire face à sa mauvaise réputation qui le suit depuis qu'il a été incarcéré. C'est le motif qui le poussera à commettre son dernier délit afin de s'échapper pour toujours. C'est son honneur qui est en jeu, ce qui vaut plus que son amour pour Manouche, ou son affection pour Alban, grand frère protecteur acquis aveuglément à sa cause. Gu est un personnage de tragédie, et comme dans toute tragédie, le héros est fatalement condamné par ses propres vices. On sait dès le départ que cet excès de vanité le perdra. Dans un monde où le milieu et ses valeurs ont changé, Gu et son code de l'honneur n'ont plus de place ni de raison d'être.
Ce n'est pas tant d'avoir gardé l'époque du roman qui rend le film de Corneau si vieillot, et pourtant, il y a comme une odeur de surrané qui plane tout au long de l'histoire. Malgré quelques tentatives pour moderniser le film de Melville (notamment des fusillades à la John Woo ridicules et des placements de caméra pas vraiment classiques), la version de Corneau accuse des longueurs qui nous laissent penser que le réalisateur ne s'est pas aperçu que le rythme d'un film a beaucoup changé depuis les années 50. Malgré la scène centrale du hold-up qui fait preuve d'une fluidité et d'un maestrio réjouissants, le film entier peine à nous intéresser tellement il se perd dans les blablas et les intrigues secondaires dont certains détails m'échappent encore. Tous les seconds rôles sont magnifiquement interprétés, il serait même dur de décerner une palme. Je peux au moins les citer : Michel Blanc, Eric Cantona, Daniel Duval, Jacques Dutronc, Gilbert Melki, Philippe Nahon, Nicolas Duvauchelle, Jacques Bonnaffé, Gérald Laroche, entre autres. Je n'ai 705151622211292malheureusement pas été aussi emballé par le couple de protagonistes que forment Daniel Auteuil et Monica Bellucci. Dès le départ ils apparaissent comme un couple bancal, dépareillé. Mais même individuellement, ils déçoivent. Auteuil a la malchance de passer derrière Lino Venura, et sans vouloir minimiser son talent, les deux acteurs ne jouent pas vraiment dans la même catégorie. Auteuil peine à trouver son personnage, passant du calculateur froid à la victime traquée hystérique, sans réelle cohérence. Et Monica Bellucci, sans m'attarder sur son accent qui nous empêche de comprendre la moitié de ses répliques, reste un monolithe blond platine et larmoyant auquel on a bien du mal à s'attacher, même si tous les hommes du film sont à ses pieds.
Si le film ne mérite pas l'étiquette de navet, on peut ici parler de ratage. En espérant que certains comprennent que le remake n'est pas une solution pour faire vivre le cinéma...


bande annonce : Le deuxieme souffle
envoyé par cineFA

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19 novembre 2007

Le Dernier Signe (The Last Sign)

dernier_signeFilm de Douglas Law (2005) avec Andie MacDowell, Samuel Le Bihan, Tim Roth, Margot Kidder, Mimi Kuzyk ...
D'après le roman Un soleil trop tard d'Anne Ray-Wendling

Films de Douglas Law déjà vus : aucun

Résumé :
Kathy (Andie MacDowell) est veuve d'un mari alcoolique (Tim Roth). Elle essaie de continuer à vivre, notamment pour ses deux enfants. Pourtant certains signes d'une présence commencent à l'entourer, événement qui coincide avec l'arrivée du nouveau voisin, Marc (Samuel Le Bihan).

Mon avis :
Peut-on faire un film sans scénario? Vous me répondrez que c'est impossible. C'est pourtant le tour de force de ce navet bousissime qui est encore plus chiant que le paraîtrait un film de Bergman pour un fan de Vin Diesel. Pourtant il se passe des choses. Enfin, pas grand'chose :
1) Andie MacDowell ressent une présence autour d'elle, et ça la perturbe.
2) Un nouveau voisin mystérieux s'installe en face de chez elle.
3) Tout s'explique.
Voilà. En fait, la voix qu'elle entend, c'est celle de son défunt mari alcoolique, mort dans un accident de voiture. Ca, on l'apprend au bout de quelques minutes. Mais ça lui prend quand même 1h20 pour accepter d'entendre cette voix. Et pourquoi qu'elle entend la voix de son défunt mari alcoolique? Ben c'est justeFG4348 que son défunt mari alcoolique voulait la contacter de l'au-delà pour s'excuser d'avoir été un mari vivant alcoolique et d'avoir été méchant. Désolé pour les amateurs de suspense... Et quid du voisin mystérieux? Ben en fait, il n'y est pour rien, il est arrivé quand il fallait pas. Alors là, la grande question, c'est "Est-ce qu'ils vont sortir ensemble?". Ben oui, forcément! Mais pas avant que le défunt mari alcoolique ne cesse de l'appeler au coeur de la nuit, sinon ça foutrait un peu la merde dans le nouveau couple. Et alors le "dernier signe" du titre, c'est quoi? Ah ben ça, on ne sait toujours pas. Pourtant j'ai vu le film jusqu'au bout, hein! Ils l'ont peut-être coupé au montage. Ce qui est quand même un peu con pour le titre. Finalement, le film aurait pu s'appeler "Le Défunt Mari alcoolique"! Parfois je me demande vraiment ce qui me pousse à regarder des navets pareils, et surtout dans leur intégralité. Parce que franchement, j'aurais pu rentabiliser cette 1h23 de bien meilleure manière. J'aurais pu compter mes cheveux, ou fabriquer un collier de coquillettes, ou même tenter de battre le record de saut en slip kangourou. Mais non, j'ai regardé une merde. Et pourtant, j'aurais dû me douter qu'il ne fallait pas le voir. Il y avait des signes...
- Andie MacDowell : Depuis 10 ans, Andie est présentoir officiel de Q10 pour une grande marque de cosmétique, parce qu'elle le vaut bien. Niveau ciné, c'est un peu mort. En même temps, rappelez-moi quand Andie MacDowell a déchaîné les foules par son talent? Quatre mariages et un enterrement? Ouais, elle était mimi, mais bon, ça ne sauve pas une carrière complètement insignifiante!
- Samuel Le Bihan : Pour créer un équilibre, il fallait trouver un équivalent à l'insipidité d'Andie MacDowell. Coproduction oblige, un petit Frenchie devait rejoindre le casting. Qui de plus idéal que Samuel Le Bihan, l'acteur au charisme bovin, et accessoirement originaire du bled en face du mien? Peut-être Vincent Cassel... mais sa tronche le_dernier_signe_the_last_sign_2003_referenceaurait laissé planer un doute jusqu'à la fin du film quant à la psychopathie présumée du personnage.
- Le film est l'adaptation d'un roman à la limite du témoignage ésotérique foireux sur le contact avec les morts. Je suis bien placé pour en parler, je travaillais au rayon Sciences initiatiques d'une librairie quand le livre est sorti. Résultat des courses : aucun exemplaire vendu. Bon, j'avoue qu'on n'y a pas vraiment mis du nôtre pour le défendre...
- Une rumeur de navet qui flottait déjà depuis la sortie en salles du film. Ceci n'est pas vraiment un argument, parce que j'aime bien me bâtir une opinion personnelle sur chaque film. Mais quand un film fait l'unanimité, faut quand même se demander pourquoi. Comme on dit, il n'y a pas de fumée sans feu.
Et puis bon, il y a quand même Tim Roth dans ce film! Ca pouvait laissé présager une lueur d'espoir. Ben non! Dans le rôle du défunt mari alcoolique, il nous montre toute sa palette du surjeu qu'il laisse entrevoir quand il est mal dirigé. Je vous laisse imaginer ce que ça peut donner quand il n'est pas dirigé du tout. Au moins, le film m'aura enseigné une leçon : il faut parfois faire attention aux signes.

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16 novembre 2007

La Maison du lac (On Golden Pond)

Maison_du_lacFilm de Mark Rydell (1981) avec Katharine Hepburn, Henry Fonda, Jane Fonda, Doug McKeon, Dabney Coleman ...
D'après la pièce On Golden Pond d'Ernest Thompson
Oscars du Meilleur Acteur (Henry Fonda), de la Meilleure Actrice (Katharine Hepburn) et de la Meilleure Adaptation
Films de Mark Rydell déjà vus : La Rivière (1984), Intersection (1994)

Résumé :

Norman (Henry Fonda) et Ethel (Katharine Hepburn) Thayer viennent, comme chaque année, passer leurs vacances dans leur maison au bord du lac, à Golden Pond. Vient leur rendre visite leur fille Chelsea (Jane Fonda), accompagnée de son nouveau fiancé et du fils de celui-ci.

Mon avis :
La Maison du lac ne contient pas vraiment d'intrigue. C'est ce qu'on peut appeler une chronique ou un moment de vie. Juste pour vous expliquer pourquoi le résumé peut paraître plus que barbant. Forcément, ceci n'est que le point de départ. Au fur à mesure, on apprend le caractère des personnages et les relations entre eux, et c'est ça qui est passionnant.
Norman et Ethel sont un vieux couple de 80 ans. Ils ont perdu leur fraîcheur, leur force physique, et parfois un peu la tête. Et pourtant, ils s'aiment encore, toujours, comme au premier jour, voire plus. La passion a fait place à la complicité et à la complémentarité, à cette force entre eux qui fait qu'ils ne vivront jamais l'un sans l'autre. Dans un paradis au temps suspendu, Norman et Ethel coulent des derniers jours heureux, au rythmeHepburnGoldenPond de la saison et du temps. À l'écran, ce duo est interprété par Katharine Hepburn et Henry Fonda, deux légendes du cinéma qui n'avaient jamais eu l'occasion de se voir réunies dans un film, ni même de se rencontrer. Les deux acteurs nous servent une composition absolument parfaite, comme une révérence des plus classe à deux carrières inégalables.
Si les vacances sont l'occasion pour le couple de se reposer, elles ne vont pas pour autant être de tout repos. Leur fille Chelsea passe les voir pour leur présenter son nouveau fiancé Bill, ainsi que son fils Billy Ray, qu'elle espère bien laisser à ses parents pendant quelques semaines, histoire d'aller se marier en Europe. C'est alors une histoire d'amitié qui se noue entre l'adolescent effronté et le vieillard revêche, lentement mais sûrement. Une relation qui fait cruellement echo à la mésentante entre Chelsea et son père, noeud de l'intrigue de ce film. Norman s'est toujours comporté froidement avec sa fille, qui elle On_Golden_Ponda toujours fait des efforts pour attirer l'attention et l'amour de son père. Ce n'est même pas qu'ils ne s'aiment pas, c'est juste qu'ils n'arrivent pas à s'entendre. C'est donc à travers le jeune Billy Ray que Norman va renouer avec son rôle de père, et ainsi trouver la voie vers la paix avec Chelsea. Cette relation prend toute sa dimension par le fait qu'elle est interprétée par Henry et Jane Fonda, père et fille dans la vie, et notamment quand on sait que Jane a souffert de l'absence d'un père dédié tout entier à sa profession. Si le film n'hésite pas à avoir recours à une symbolique un peu marquée (oiseaux, plongeons, porte cassée...), il n'en reste pas moins bouleversant et fascinant grâce au jeu exemplaire des acteurs. On se laisse bercer par la langueur de ces paysages du New Hampshire, au rythme de la vie qui souffle comme une brise fraîche au-dessus d'un lac en pleine forêt. Grisant...

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13 novembre 2007

Allison Forever (Get Over It)

affiche_Allison_forever_Get_Over_It_2001_2Film de Tommy O'Haver (2001) avec Ben Foster, Kirsten Dunst, Melissa Sagemiller, Shane West, Martin Short ...
Films de Tommy O'Haver déjà vus : aucun

Résumé :
Berke (Ben Foster) et Allison (Melissa Sagemiller) se connaissent depuis qu'ils sont gosses, et forment le couple le plus uni du lycée... jusqu'à ce qu'Allison décide de rompre. Pour Berke, c'est la fin du monde, et il fera tout pour la récupérer, notamment avec l'aide de Kelly (Kirsten Dunst).

Mon avis :
Genre populaire au début des années 80, le teen movie est revenu en force à la fin des années 90, grâce aux succès de Scream au cinéma et Dawson à la télé, entre autres. Si certains ont réussi à se faire connaître (American Pie, Sexe Intentions, The Faculty...), c'est pour en cacher une flopée d'autres, qui répondent pourtant aux mêmes critères du genre : la vie au lycée (ou à la fac), une histoire d'amour, des gags bien gras...). Certains acteurs se sont même spécialisés dans le teen movie, ici Kirsten Dunst en tête (Virgin Suicides, Belles à mourir, Dick, American Girls, Crazy/Beautiful... sacré palmarès!), mais aussi Shane West, Ben Foster, Mila Kunis, Colin Hanks, dont on a déjà vu les bouilles se balader dans les couloirs d'école.
Alors qu'est-ce qui fait que Allison Forever est original par rapport aux autres? À vrai dire, pas grand'chose. Eternelle histoire d'amour foireuse du mec qui aime une fille qui en aime un autre qui drague la nana qui veut sortir secrètement avec le premier. Vous n'avez pas suivi? Pourtant, c'est le schéma officiel de tout teen movie qui se respecte, à quelques variantes près. Ce film est d'autant plus consternant qu'il joue moins sur le mode "humour trash" auquel nous ont habitués American Pie, Road Trip ou Scary Movie, pour revêtir une couleur plus gentillette, plus mièvre, plus concon. Le must reste quand même que le réalisateur avait l'ambition de faire un parallèle entre l'histoire d'ados et l'intrigue du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, pièce qu'intègre Berke (sacré prénom!) afin de reconquérir sa dulcinée. Enfin du Shakespeare, c'est vite dit. Parce que pour ne pas dégoûter la cible d'audience du film, ils nous en donnent une version "High School Musical" du meilleur goût, avec une fausse surprise de taille. Sisqo joue l'un des amis de Berke, et remplace au pied levé un danseur de la troupe. Et là on découvre, émerveillés, qu'en fait il sait danser. Ou tout l'art du suspense réside dans le casting!!! Aussi surprenant que le héros qui ne voit qu'à la fin du film que Kirsten Dunst, la jeune soeur de son meilleur pote, est quand même vachement plus jolie que l'illustre inconnue qui lui sert d'âme soeur.
Bref, un film sans intérêt, qui pique des idées un peu partout sans en avoir une seule à lui. Y'avait même pas quelqu'un pour enculer une tourte! C'est triste...

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07 novembre 2007

Vipère au poing

vipere_poingFilm de Philippe de Broca (2004) avec Catherine Frot, Jacques Villeret, Jules Sitruk, Cherie Lunghi, Hannah Taylor-Gordon ...
D'après le roman Vipère au poing d'Hervé Bazin

Films de Philippe de Broca déjà vus : Les Tribulations d'un Chinois en Chine (1965), Le Diable par la queue (1969), Tendre Poulet (1978), On a volé la cuisse de Jupiter (1980), L'Africain (1983), La Gitane (1986), Chouans! (1988), Les 1001 Nuits (1990), Le Bossu (1997)

Résumé :
À la mort de leur grand-mère, Jean (Jules Sitruk) et Ferdinand (William Touil) Rezeau voient revenir d'Indochine leurs parents affublés d'un petit frère. Les retrouvailles sont d'autant plus rudes que Paule (Catherine Frot) est une marâtre bien décidée à faire oublier la vie facile que leur procurait leur grand-mère, ce qui va conduire Jean à la haïr profondément.

Mon avis :
L'adaptation littéraire au cinéma est un exercice ô combien casse-gueule. Tout d'abord il faut garder une fidélité au texte original dans le souci de ne pas trahir l'auteur. De l'autre, il faut trouver un angle à l'oeuvre en devenir pour justifier cette adaptation. Filmer une nouvelle version de Vipère au poing était d'autant plus risqué que le roman de Bazin est dans les mémoires de milliers d'enfants traumtisés par la méchanceté de Folcoche, mais aussi parce qu'une première version cinématographique existait déjà et avait marqué les esprits grâce au jeu d'Alice Sapritch.photo_Vipere_au_poing
Le film de Philippe de Broca, s'il ne peut prétendre au chef d'oeuvre, arrive à s'en sortir sur certains tableaux. En ce qui concerne la fidélité à l'oeuvre de Bazin, il n'y a aucun souci. J'ai revu tout de suite les images et les épisodes du roman, que je n'ai découvert que l'année dernière. (Ben oui, chacun ses lacunes! Je n'ai pas lu non plus L'Île au trésor ni Moby Dick... shame on me!). Si le film se perd de temps en temps dans les détails de la vie d'une ancienne famille bourgeoise de province comme le fait délicieusement le roman, il canalise l'histoire pour la centrer sur la relation entre Folcoche et son fils maudit Brasse-Bouillon. La seule entorse que se permet de Borca est la tentative de montrer une Folcoche plus humaine, qui craque. Ce n'est pas tant que j'aime le traitement manichéen des personnages (après tout, Folcoche n'est pas Dark Vador!), mais il enlève une force au récit qui est construit du point de vue de Jean. Les décors et les costumes, sans être époustouflants, sont néanmoins fidèles (je suppose) à l'époque, et dégagent une odeur surranée de la campagne que j'avais ressentie à la lecture du roman. Du côté de l'interprétation, par contre, le bât blesse 2lourdement. Si Jacques Villeret est irréprochable, comme d'habitude (même si un peu enfermé dans son personnage de bon copain un peu niquedouille), Jules Sitruk, l'enfant-star du cinéma français depuis cinq ans, garde son jeu approximatif qui nous offre autant de morceaux de bravoure crédibles (avec de grands yeux noirs, c'est facile de jouer l'émotion... demandez à Audrey Tautou!) que de numéros de gosse qui essaie de jouer comme les grands. On ne le dira jamais assez, mais les enfants français ne savent pas jouer, à deux ou trois exceptions près. La monumentale erreur de casting reste, malheureusement, Catherine Frot. Je dis malheureusement car je salue quand même la tentative de l'actrice de sortir de son image de nunuche pleine de vie. Pourtant, la crédibilité n'est pas vraiment au rendez-vous. Pour ce rôle, il faut une tronche, une vraie! Et Alice Sapritch est devenue l'incarnation de Folcoche grâce à son visage si particulier. Ici, Catherine Frot s'est sentie obligée de se souligner les yeux de noir pour faire plus méchante, mais ça ne suffit pas. Cela donne même une touche de féminité à un personnage qui n'en a aucun attribut aux yeux du héros.
Malgré ses défauts, la version de de Broca a quand même l'intelligence d'éviter l'opposition entre les deux personnages principaux, pour dévoiler au fur et à mesure le lien à la fois malsain et charnel qui les unit. Si on ne peut parler de franche réussite, Vipère au poing ne peut être vu, non plus, comme un ratage complet.

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04 novembre 2007

La Fin des temps (End of Days)

fin_tempsFilm de Peter Hyams (1999) avec Arnold Schwarzenegger, Gabriel Byrne, Robin Tunney, Kevin Pollak, CCH Pounder ...
Films de Peter Hyams déjà vus : Guerre et passion (1979), Presidio, base militaire, San Francisco (1988), Mort subite (1995)

Résumé :
Trois jours avant le passage à l'an 2000, le Diable revient sur Terre pour retrouver Christine York (Robin Tunney), qui est promise à lui donner une progéniture. Un ancien policier, Jericho Cane (Arnold Schwarzenegger) se retrouve à devoir protéger la jeune fille.

Mon avis :
Après des centaines de criminels, des robots, des extraterrestres, et même des enfants de maternelle, il ne manquait qu'un ennemi au palmarès d'Arnold Schwarzenegger : le Diable en personne. Profitant de la pseudo-psychose entourant le passage du XXème siècle au nouveau millénaire, il se retrouve donc dans ce film fantastique dans lequel il doit sauver une jeune fille qui, selon une prophétie, devra accoucher du fils du Malin, et par là-même plonger le monde dans le chaos. Car celui-ci revient tous les millénaires pour une tentative d'accouplement. Mais, me direz-vous, pourquoi n'a-t-il pas accompli sa mission en 999 (en plus, 666 à l'envers, ça tombait franchement bien!)? Ben ça, on ne le sait pas, et on ne le saura jamais. Ce n'est qu'une des innombrables incohérences de ce nanar fantastico-gore à deux francs six sous, qui accumule les clichés etarnold_schwarzenegger1 les énormités.
Le principe d'une prophétie, c'est que rien ne peut l'empêcher de se réaliser. Or, bizarrement, à l'époque, il n'avait pas vu que Belzébuth serait un peu emmerdé par Schwarzie. C'est con, Schwarzie, on ne le voit jamais arriver, il est jamais prévu au programme. Souvenez-vous dans Terminator : le monde devait inexorablement finir en planète-poubelle dirigée par les robots. Là encore, personne ne s'était imaginé que Schwarzie allait remonter le temps pour les faire chier. Trop fort, ce Schwarzie!
En plus de nous proposer tous les ressorts éculés de film fantastique de base étage, La Fin des temps n'hésite pas à lorgner sur un succès récent du cinéma à l'époque, Usual Suspects. Sur la thématique du Diable et du mal, dont le film reprend la citation : La plus grande ruse du Diable fut de faire croire qu'il n'existait pas. Mais aussi du côté du casting : Gabriel Byrne, évidemment, qui a bien du mal à se dépétrer de son rôle grandiloquent et ridicule, mais également Kevin Pollak, dans un rôle de copain mort, mais en fait non, mais si un peu quand même. On en viendrait à scruter le moindre figurant pour apercevoir un boîteux qui retrouverait l'usage de sa jambe!
arnold_schwarzenegger2On retrouve dans ce film un Arnold Schwarzenegger au sommet de son art. Le rôle le plus profond de sa carrière, assurément : pensez, Schwarzie en dépressif alcoolique sur le point de se tirer une balle, imaginez le travail d'investissement personnel qu'il a fallu pour avoir l'air crédible avec une tronche aussi mobile que les cheveux de James Bond! Bon, enfin ça, c'est pour les cinq premières minutes, parce qu'après, Schwarzie reprend vite du poil de la Bête, avec un grand B. Parce que pour un dépressif, il a quand même un curieux réflexe de vouloir sauver un monde qui lui a enlevé sa femme et sa fille. En même temps, je ne peux pas comprendre, je ne suis pas Schwarzie. Pour les plus sensibles qui s'inquièteraient du sort de notre (super?) héros, qu'ils se rassurent. Les 116 minutes restantes sont remplies de paf dans ta gueule et de pan dans ton bide. À noter quand même un final outrecuidant au possible, avec un Schwarzie au dévouement christique exemplaire. Eh oui, il n'y a pas que Mel Gibson qui a des soucis d'ego.
Vous l'aurez compris, encore un film inutile à mettre au compteur du gouverneur de Californie.

Posté par angelwizzard à 23:53 - Films - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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